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Le canton de Genève a modifié ses critères d’attribution des mandats de nettoyage pour ses bâtiments, a-t-il informé mercredi lors de son point de presse hebdomadaire. Depuis le 1er janvier, les entreprises soumissionnaires doivent payer tous leurs agents d’entretien comme s’ils étaient diplômés et ont jusqu’à juin 2017 pour leur donner une formation effective.

Formation professionnelle Des cadres sont formés pour diriger les collaborateurs d’une branche méconnue, celle de la propreté.

Comme des ombres, elles glissent de bureau en bureau. Très tôt le matin, quand les employés dorment encore. Ou tard le soir, lorsque les derniers cadres quittent les locaux. Femmes et étrangères, généralement. Rarement un métier aura été aussi mal considéré. Pourtant, sans ces professionnelles, nombre de postes de travail seraient emplis de mauvaise poussière. Quant aux toilettes, elles feraient office de repoussoir.Alors, aussi bien Alzira Bicho, Esmeralda Gonçalves ou encore José Planas tiennent à déplorer, à l’unisson, ce manque de reconnaissance envers ce métier. «C’est vraiment le point noir de notre profession», résume Alzira Bicho.

«Arrondir les fins de mois»

Cette Portugaise de 43 ans, qui réside à Genève depuis vingt-six ans, fait partie des quelque 7000 personnes qui tirent des revenus de ce secteur. Une branche qui regroupe surtout des personnes travaillant à temps partiel (lire ci-contre). Comme beaucoup d’autres, Alzira Bicho a commencé à exercer ce métier «pour arrondir les fins de mois». Mais le job lui a plu. Aujourd’hui, cette Portugaise travaille à mi-temps aux HUG et, à raison de trois heures par jour, est cheffe d’équipe dans l’une des 200 entreprises privées existant à Genève.

«Je supervise 17 personnes. Ce contact avec les collaborateurs, cela me plaît.» Avec ses deux collègues, Esmeralda Gonçalves, cadre chez Onet, et José Planas, directeur général de MPM, Alzira Bicho a décidé de décrocher un CFC d’agent de propreté. Tous trois suivent des cours au sein de l’Ecole genevoise de la propreté (EGP), dirigée par Thomas Brillant.

Ces professionnels révisent leurs connaissances dans des domaines aussi divers que la maîtrise des appareils, les dosages de produits chimiques dont les gammes ne cessent de s’accroître, la lutte contre les parasites et autres bestioles. «Les revêtements des locaux que nous nettoyons ont des propriétés de plus en plus techniques», relève par exemple José Planas. Or, les clients sont exigeants: leur budget «nettoyage» est estimé au franc près. Les pros de la propreté doivent travailler très vite.

Comment gérer le personnel

Mais les trois cadres acquièrent surtout des connaissances supplémentaires dans le domaine sensible de la gestion des ressources humaines. José Planas gère 350 collaborateurs et Esmeralda Gonçalves entre 80 et 100 personnes disséminées sur plus de vingt sites. Comme Alzira Bicho, ils considèrent que cet aspect de leur métier est difficile, mais enrichissant. Mains de fer dans des gants en caoutchouc... «Et cela ne nous dérange pas de mettre la main à la pâte», glisse Esmeralda Gonçalves. En clair: nettoyer les WC. «Nous faisons aussi la chasse aux employés qui portent des tongs en été, sur leur lieu de travail. Ou qui «oublient» de porter des lunettes ou des gants de protection», sourit cette Portugaise.

Tous trois ont aussi bifurqué sur le tard vers ce métier. Alzira Bicho était coiffeuse, José Planas mécanicien sur automobiles et Esmeralda Gonçalves propriétaire d’une librairie portugaise. Aujourd’hui, ils sont convaincus de la justesse de leur choix. «Ce métier est formidable à partir du moment où les gens qui l’exercent s’en donnent les moyens. On est très loin de la poutze pure et dure», résume Thomas Brillant.

De nombreuses sociétés occupent des centaines de collaborateurs. A l’autre bout, les «entreprises camionnettes» foisonnent. Des microstructures composées d’une ou deux personnes, qui se lancent crânement dans une branche encombrée. «Peuplée de requins», comme le résume un chef d’entreprise du secteur. On y joue des coudes mais, à force de ténacité, on peut malgré tout s’y faire une place au soleil.

Article de la Tribune de Genève, du 21 juin 2015

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